Yves Leblanc - +++

Bretagne


Pays Pourlet

 

En pays Pourlet

 

 

 

L’EGLISE PAROISSIALE DE LOCMALO

 

 

 

 

 

Le pays Pourlet, séparé par l’Ellé de la Cornouaille Morbihannaise, est une zone enclavée,  située au nord-est du département du Morbihan. Sa capitale (Guémené-sur-Scorff) est réputée pour son andouille de fabrication artisanale. C’est à Lignol, dans le presbytère, que fut arrêté le marquis de Pont-Calleck en 1720, (pour sa participation à une conjuration autour de la duchesse du Maine et de l’ambassadeur d’Espagne Gellamare, destinée à éliminer le Régent de France) et assassiné, par les Chouans, le député républicain à la Constituante Corentin Le Floch, le 28 décembre 1794 au nom de « la défense des libertés bretonnes ». Le pays bocager possède une architecture  très riche en beaux bâtiments de fermes, châteaux et chapelles. Les maisons rurales sont habituellement regroupées en petits hameaux, appelés villages. Autrefois les jeunes femmes portaient la coiffe dite «brouette», karikel en breton : le costume féminin étant composé d’un corsage, d’une jupe et d’un tablier. Le corsage dont les deux côtés se croisent sur la poitrine est garni de deux rangées de boutons si rapprochés les uns des autres que cette particularité a fait donner à la mode Pourlet le nom de « Mille boutons ». Le gilet du costume masculin, décoré de velours, est, quant à lui, orné de multiples boutons en argent…  

 

Locmalo vient de  Loc (en breton, lieu consacré) et de saint Malo.

Saint Maclou (Saint Malo) fut le premier évêque de la ville de Saint-Malo en Bretagne. Mach Low naquit vers 570 au Pays de Galles dans le Gwent. Il traversa la Manche, pour s'installer sur une petite île, emplacement actuel de Saint-Malo. Fondateur de l'évêché d'Aleth, il y cultiva la vigne. Persécuté, il dut s’exiler à Saintes, en revint et se désista en faveur de Gudwal. Il mourut à Archingeay, en Charente-Maritime, vers 640. Il est l’un des sept saints qui arrivèrent de Grande-Bretagne au cinquième siècle et fondèrent les sept anciens évêchés: saint Malo, saint Brieuc, saint Pol (Saint Pol-de-Léon), saint Samson (Dol), saint Tugdual (Tréguier), saint Corentin (Quimper), et saint Patern (Vannes). Jusqu’au seizième siècle, chaque breton était obligé de faire le pèlerinage de ces cathédrales (le Tro-Breiz) sous peine de l’effectuer après sa mort en n’avançant que tous les sept ans de la longueur de son cercueil !

Locmalo est semble-t-il un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Plousquen, aujourd’hui disparue. On rencontre les appellations suivantes : Locmoelou (en 1427), Saint Malou (en 1427), Locmalou (en 1448), Locmalo (à partir de 1477).

Aujourd’hui, Locmalo est une petite ville au riche patrimoine religieux : une église paroissiale, les chapelles de Kerlénat, Saint-Eugène, Saint-Symphorien à Longueville, la chapelle de la Vraie-Croix et de nombreuses chapelles disparues...

L’église construite au XVe siècle fut remaniée à plusieurs reprises : de l’édifice original, il ne reste qu’une porte et qu’une fenêtre (côté nef). La reconstruction du transept nord date de 1577, celle du bras sud de1611. De nouveaux travaux furent entrepris au XVIIIe siècle, dont la sacristie et les arcades des chapelles latérales. Une jolie porte en anse de panier et accolade donne accès à la chapelle du nord qui communique avec la nef par des arcades en plein cintre et un choeur à chevet plat.  La tour carrée est amortie en flèche polygonale : elle est flanquée au sud d'une tourelle d'escalier, à vis et sans jour, qui mène à la chambre des cloches.

La cloche de volée, dite la Ligueuse, surnommée ainsi car elle aurait sonné le tocsin lors des guerres de Religion, date de 1571 : elle est classée depuis le 12 juillet 1912 et porte l’inscription « l'an mil VCLXXI je fus faicte J Dréan, fabrice ».

Le retable du maître autel comporte un seul niveau et trois travées séparées par des colonnes corinthiennes à chapiteaux sculptés. La partie basse comprend deux niches de chaque côté de la contre table ornée d'un tableau représentant la Transfiguration (forme glorieuse du Christ lorsqu’il apparut à trois de ses disciples sur le mont Thabor). La corniche s'élève dans la partie médiane et compose un tympan, à volutes, décoré de guirlandes végétales. Dans la partie supérieure, deux niches en plein cintre encadrent une niche centrale, plus grande, décorée de grappes de fruits et de putti. Des pots à feu et des obélisques complètent cette riche décoration. Les statues de saint Malo, saint Patern, la Vierge, saint Jean l'évangéliste et saint Jean-Baptiste font partie intégrante de l'ensemble.

Le retable de saint Laurent est composé de trois travées comprenant deux niches latérales dans lesquelles figurent  les statues de saint Laurent et de saint Isidore. Sur la contre table, un tableau représente le martyre de saint Laurent. Un entablement horizontal, à décor de volutes végétales et de pots à feu, soutient la niche supérieure posée au-dessus de la contre table. Deux angelots terminent la composition dans la partie supérieure. Le tombeau d'autel est orné en son centre d'un médaillon sculpté de l'agneau pascal. Saint Laurent montre la palme de son martyre (brisée) tandis que saint Isidore (grandeur nature), en bragouvraz, la faucille à la main, une gerbe de blé brisée dans l’autre, indique clairement au visiteur qu’il est le patron des agriculteurs et des laboureurs. 

Le retable de la Vierge est en bois peint (polychrome). Il est constitué d’une travée, avec une contre table, encadrée de deux panneaux latéraux disposés en oblique, et surmontée d'un plafond sur lequel figure la colombe

D’autres statues ornent cette église : 

  • sainte Christine, du XVIIe siècle, provient certainement de la chapelle du même nom. Elle fait davantage penser à Marie-Madeleine, les cheveux dénoués (il manque toutefois le pot de parfum).
  • saint Malo, du milieu XVIIe siècle, provient d'un atelier régional, qui a notamment produit le buste-reliquaire de l'église de Guéméné et la statue de saint René dans l'église de Plouray. La statue, en bois polychromé, est imposante : 1,75 mètre de hauteur !
  • Saint Jean-Baptiste est reconnaissable à l’agneau situé à sa gauche.
  • La vierge à l’Enfant (XVe siècle) est en pierre blanche et polychromée : elle est protégée depuis le 4 avril 1982.
  • Saint Paul est identifiable grâce à un livre ouvert et à une épée. Cette statue est en très mauvais état (vermoulure et écaillages).

 

 

 

Saint Isidore

 

 

 

 

 

 

Le retable de Notre-Dame de Bon Secours attire immédiatement l’œil du visiteur. D’une hauteur de 2 mètres pour une largeur de 1,20 mètre, il domine un petit autel votif peint sur bois. Le panneau central présente deux anges à genoux en adoration et des chérubins disposés dans les nuées. De chaque côté et au revers figure un décor floral. Sur le panneau du dais la colombe du saint Esprit déploie ses ailes. Deux pots à feu sont posés aux extrémités. Le petit autel forme console. Une inscription est encore lisible dans un cartouche : « 1733 François Herpe fabrig ma fait peindre Dupont pinxit ». Ce retable est classé depuis le 2 avril 1982.

La statue Notre-Dame de Bon Secours, d’une hauteur de 1,25 mètre, sculptée par un  inconnu, est en bois polychromé. Couronnée, elle présente l’Enfant Jésus sur le bras gauche : il tient dans la main droite un fruit et dans la main gauche le globe terrestre.  

 

 

          

 

 


16/05/2016
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Limite linguistique

LA LIMITE LINGUISTIQUE ENTRE LE BRETON ET LE GALLO

Auteur : Fañch Broudic / mai 2014

La Bretagne est un pays plurilingue. Outre le français et quelques autres langues, on y parle le breton et le gallo. La Basse-Bretagne, à l’ouest, est la zone traditionnelle de pratique du breton et c’est en Haute-Bretagne, à l’est, que se parle le gallo. Au contact des deux zones, une limite linguistique à la fois mouvante dans le temps et pourtant bien concrète pour ceux qui la vivaient au quotidien, s’estompe aujourd’hui.

Carte Basse Haute Bretagne
Carte du XVIIe siècle (extrait) - CRBC

Une limite en trompe-l’œil

La frontière linguistique n’a jamais été stable   , mais elle a frappé les observateurs jusqu’au milieu du XXe siècle par la netteté de son tracé : « On parle bas-breton ou on ne le parle pas », note un voyageur en 1828.

L’historien Pitre-Chevalier évoque en 1845 « la muraille chinoise de l’idiome breton ». Un siècle plus tard, le géographe Marcel Gautier estime toujours en 1947 qu’« aucune transition n’est ménagée : un ruisseau, un chemin sont parfois la seule séparation entre deux fermes dont l’une est habitée par des bretonnants, alors que dans l’autre, en face, l’on ne parle que français ».

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Carte d'Argentré - CRBC

La première représentation cartographique de la frontière linguistique entre Haute et Basse-Bretagne est parue dans « L’histoire de Bretaigne » que publie Bertrand d’Argentré en 1588, mais le tracé reste assez imprécis.

Première enquête

On doit à Charles Coquebert de Monbret la première enquête, tout à fait officielle, qui ait été réalisée sur ce sujet sous le Premier Empire, en 1806. Sur la côte nord, la limite se situe désormais à Plouha. Les villages de Batz et la commune de Pénestin sont de langue bretonne au sud de la Vilaine, de même que Questembert au nord. Loudéac et La Roche-Bernard sont de langue française.

La limite Sébillot

Le tracé auquel il est toujours fait référence est celui que publie Paul Sébillot en 1886. Il n’effectue lui-même aucune enquête de terrain et s’appuie sur les renseignements qu’il a collectés auprès d’une dizaine de correspondants. En six pages de texte et quatre cartes, il décrit les « limites des deux langues » commune par commune, et même village par village.

« Dans tout Plouha, écrit-il, on parle breton et souvent le français. Corlay est en pays breton, comme Mûr-de-Bretagne en presque totalité. Gueltas est en pays français quand Noyal-Pontivy parle breton. Billiers est la dernière commune bretonnante au nord de la Vilaine. Au sud de la rivière, on parle toujours le breton dans sept villages de la presqu’île de Batz. »

Deux démarches différentes

En 1925, le linguiste Albert Dauzat met en doute « la fixité » de la frontière linguistique et vient en Bretagne enquêter sur place. Il choisit de mettre l’accent sur les progrès du français. Il reconnaît pourtant que « si on laisse au breton toutes les communes où l’on [le] parle encore, la limite de 1886 n’a guère varié. » Il n’en pronostique pas moins son abandon pour « bientôt » à Plouha comme dans la presqu’île de Rhuys.

Ses articles font réagir Roparz Hemon. En 1928, le directeur de la jeune revue littéraire Gwalarnentreprend la première enquête systématique d’évaluation de la pratique du breton dans toutes les communes de Basse-Bretagne. Par rapport à 1886, tous les chefs-lieux de canton situés à proximité de la limite ont changé de langue de prédication : Plouha, Lanvollon, Corlay, Mûr-de-Bretagne. Les paroisses bilingues ont opté pour le français. Celles qui ont maintenu les sermons en breton (Bignan, Saint-Jean-Brévelay…) sont des communes rurales.

Carte_Sebillot-v.jpg
Carte Sébillot : extraite de sa publication de 1886 - CRBC
La carte d'ensemble, par communes, des limites du français et du breton, telle qu'elle a été publiée par Paul Sébillot dans la Revue d'Ethnographie, en 1886.

Une recherche exemplaire

Le travail que publie R. Panier en 1942 , méthodique et précis, reprend commune par commune et village par village le tracé de Sébillot. Il a lui-même mené l’enquête sur le terrain tout au long de la frontière linguistique, ne considérant « comme points limites du breton que ceux où deux ou trois générations le parlent spontanément. »

 En 1886En 1942
Total  92 92
Nombre de villages bretonnants 92  
Nombre de villages encore bretonnants   43
Nombre de villages acquis au français   45
Villages abandonnés   4
Les villages bretonnants le long de la limite linguistique, entre 1886 et 1942 - R. Panier, 1942

Il observe ainsi que les adultes ne connaissent plus le breton à Plouha et que seuls quelques vieillards le parlent encore. Dans les villages de Saint-Gildas (22) gagnés au français, ce n’est pas le gallo que parlent les habitants, mais un français régional. Au Vieux-Bourg, « les enfants issus de mariages mixtes entre Gallos et Bretons ne connaissent pas la langue bretonne, mais l’apprennent à l’école au contact de leurs camarades. » À Mûr-de-Bretagne, le breton ne se parle plus guère en ville et les transactions se font en français au marché.

R. Panier rapporte que le breton a subi depuis 1886 « un recul assez marqué » dans le sud du Morbihan, sur la côte plus qu’à l’intérieur. À Noyal-Muzillac, la limite a été repoussée de sept kilomètres vers l’ouest. Billiers est devenue entièrement française. Dans la presqu’île de Rhuys, les jeunes ne savent plus le breton, mais la majorité de la population le parle.

À la recherche de la frontière

Dans le dernier quart du XXe siècle, d’autres chercheurs de frontière s’intéressent toujours à la limite linguistique. En 1976, l’Américaine Lenora A. Timm suit les traces de ses prédécesseurs et s’arrête dans chaque bourg et village mentionné par Sébillot. Elle visite ainsi 40 communes à l’ouest de la limite et quelques autres à l’est.

Selon elle, seules deux – Kergrist et Noyal-Pontivy – peuvent être toujours classées comme bretonnantes. Vingt-huit ne peuvent l’être que « marginalement ». Enfin, dix ont « définitivement » perdu le breton, dans la presqu’île de Rhuys, mais aussi à Vannes et dans sa périphérie.

Aujourd’hui, quelle pertinence ?

Aux yeux de Timm, la frontière est devenue « largement illusoire ». Thomas Buckley, qui a enquêté dans les environs de Plouha, reconnaît qu’elle n’existe presque plus, mais elle reste bien concrète, y compris dans les représentations des non-locuteurs. Selon lui, ils peuvent dire sans hésiter : « Ici c’est le breton. Là-bas, à cent mètres, c’est le patois. »

Peut-on toujours faire référence à la ligne Sébillot ? Elle est bien évidemment datée, puisque la frontière linguistique avait constamment avancé vers l’ouest avant 1886 et qu’elle n’a pas cessé de le faire après, pour se diluer complètement en fin de période. Son tracé garde tout de même sa pertinence, puisqu’à l’époque contemporaine, il se situe à mi-parcours entre les enquêtes les plus anciennes et les plus récentes.

Carte-BasseHauteBret-v.jpg
Carte du XVIIe siècle, en couleur - CRBC
Après d'Argentré, la frontière linguistique figure ensuite sur seize autres cartes, parmi celles qui sont publiées jusqu’en 1795, dont cette carte du XVIIe siècle. 
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La Frontière linguistique du breton et les dialectes. 
Carte de synthèse, extraite de l'Atlas d'histoire de Bretagne (Éd. Skol Vreizh)

 


24/02/2016
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Les drapeaux des nations celtes

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Reprend, comme son nom l’indique, les drapeaux des nations celtes dont l’identité actuelle s’inspire nettement de l’héritage de leurs ancêtres Le Drapeau Interceltique On y retrouve ainsi la Bretagne, les Cornouailles britanniques, l’Ecosse, l’Irlande, l’Ile de Man, et le Pays de Galles. (La version qui vous est présenté par les highland Breizh) Deux territoires espagnols revendiquent depuis peu des us d’origines celtiques. En effet, les Asturies et la Galice sont des royaumes indépendants de l’Espagne possédant des éléments de tradition, de langage, de légendes celtes. Ces huit drapeaux ont été disposés sur le drapeau interceltique de manière à mettre en avant les caractéristiques essentielles de chacun : quatre dans la partie supérieure et quatre dans la partie inférieure, les drapeaux forment ici un tout et leur union étant marquée par le triskell central, symbole important de la culture celte.
Voici la Seconde version avec les deux royaumes indépendants de l’Espagne En effet, les celtes se seraient établis au Nord Ouest de l’Espagne en 1000 avant Jésus Christ. De ce fait, de nombreux éléments de tradition, de langage les rapprochent des six pays considérés comme légitimement celtes. Les drapeaux celtiques Des origines traditionnelles ancestrales La culture celte est associée à bon nombre de légendes, d’histoires et de traditions que l’on retrouve, pour certaines, sur chaque drapeau celtique. Les pays celtes Les pays celtes reconnus sont au nombre de six ou huit selon les versions. En effet, on y trouve

Le Gwenn ha du DRAPEAU MODERNE DE LA BRETAGNE Nom donné au drapeau breton et signifiant "Blanc et Noir" est un drapeau récent dans l'histoire de la Bretagne. Il fut créé en 1923 par Morvan Marchal Les mouchetures d'hermine représentent la Bretagne ducale. Elles sont au nombre de onze. Une version ancienne préconisait qu'elles soient innombrables Les neuf bandes égales représentent les 9 pays historiques de Bretagne. Les 4 blanches représentent ceux de Basse-Bretagne : Cornouaille, Léon, Trégor et Vannetais. Les 5 noires ceux de Haute-Bretagne, Pays Nantais, Rennais, de Saint-Brieuc, de Saint-Malo et de Dol.

Origine du drapeau cornique (Baner Sen Pyran) : l'historien Davis Gilbert mentione pour la première fois au XIXe siècle, le drapeau noir à croix blanche comme drapeau de St-Perran et comme drapeau de la Cornouailles elle-même. St-Perran est le Saint patron de la péninsule et des ouvriers de l'étain. Davis s'est-il inspiré des armes de la famille de St-Péran en Bretagne continentale ? S'est-il inspiré des flammes bretonnes blanches à croix noire dont il aurait inversé les couleurs pour rappeler le lien entre les deux provinces ? L'origine reste obscure. Aujourd'hui ce drapeau représente la Cornouailles historique et traditionnelle, mais n'est pas officiel. Le duché de Cornwall utilise la bannière aux armes de Cornwall.

Le symbole de l'Ile de Man : le "Triskel Manx" ou "Trinacria" serait une représentation de la trinité celtique. Ce symbole est souvent relié à Manannan, Dieu celtique de la Mer qui résidait sur l'île, qui lui doit aussi son nom. On trouve ce symbole sur les monnaies de l'île, dès le Xe siècle, puis il figure comme armoiries des rois de l'Ile de Man. En 1266 à la disparition de la dynastie manxoise, le Trinacria est resté le symbole de l'autorité manxoise. Légende : depuis le sommet d'une montagne de l'île Manannan vit une armada viking approcher la baie de Port ny h'Inshey. Il prit la forme de trois jambes pour dévaler la montagne avant d'effrayer par sa magie les vikings qui s'enfuirent.

Origine du drapeau : La figure emblématique du Pays de Galles, le dragon, est directement issu des enseignes traditionnelles et du mythe celtique arthurien. En effet, lors de la conquête de l'île de Bretagne par les Angles, les Jutes et les Saxons, les populations brittoniques trouvèrent refuge dans les montagnes du pays de Galles. Dans les légendes ces populations sont représentées par un dragon rouge, alors que les Saxons le sont par un dragon blanc. Les deux dragons s'affrontent. Le dragon blanc prend le dessus et réussit à enfermer le dragon rouge. Mais lorsque le dragon rouge est libéré, il attaque et vainc le dragon blanc. Ce dragon vainqueur sera aussi à l'origine de la devise galloise : le Dragon Rouge Donne de l'Elan (Y Ddraig Goch Ddyry Cychwyn). Les couleurs vertes et blanches sont celles de la maison des Tudor, maison qui régna sur le pays de Galles. A noter que le drapeau du pays de Galles n'est pas la bannière armoriée et que le drapeau ne correspond pas aux armes du pays. La construction qui mena à la création du drapeau gallois (dragon rouge + bandes Tudor), vient d'un badge régimentaire gallois. Ce dernier peut toujours être utilisé en badge national, mais pas comme armes héraldiques. Le drapeau est officiellement reconnu depuis 1959.

Le Drapeau Irlandais Vert, blanc et orange. Tels sont les couleurs du drapeau irlandais. Si ce drapeau est encore jeune par rapport à ces homologues européens, le drapeau irlandais est porteur de symboles forts, que les irlandais ne manquent pas d'exhiber à chaque Saint Patrick! Histoire du Drapeau Irlandais Alors que la Grande Famine ravageait le pays, un mouvement, "Jeune Irlande" (un avant goût du mouvement Fénian), inspiré des mouvements insurrectionnels européens, voyait le jour comme la révolution de février de Paris... Les membres de Jeune Irlande décrétèrent ainsi lors du printemps des peuples que le combat qu'ils mèneraient pour la fin du colonialisme se ferait sous une bannière tricolore réunissant autour de la paix (le blanc), les gaëliques (le vert) et l'ordre d'Orange (le orange). Sa première sortie se fera le 7 mai 1848, puis il disparaîtra momentanément à la suite de l'échec du soulèvement de juillet 1848. Parmi les leaders de ce mouvement on retiendra Thomas Osborne DAVIS (1814 - 1845) Charles GAVAN DUFFY (1816-1903), John Blake DILLON (1816-1866), John MITCHEL (1815-1875), Thomas Francis MEAGHER (1823-1867). Le drapeau tricolore sera largement repris par les mouvements nationalistes du début du XXème siècle jusqu'en 1916 date à laquelle il fut le symbole incontournable de IRB Aussitôt la scission de l'île effectuée en 1922 (date à laquelle le sud de l'Irlande s'émancipe de la tutelle du Royaume-Uni), le drapeau devient celui de l'Eire, même s'il ne le fut officiellement qu'en 1935. Aujourd'hui encore il reste le symbole des nationalistes de la partie britannique de l'Ulster.

Origine du Sautoir écossais : Il représente la Croix de St-André sur fond bleu. André (Andrea - Andrew) était un missionnaire du Christ condamné à mort par les Romains, qui se sentait indigne d'être crucifié sur une croix du même type que celle de Jésus. Il fut donc crucifié sur une croix en forme de X. Au VIIIe siècle Saint Regulus eut une vision lui enjoignant d'emporter les ossements de Saint André le plus à l'ouest du monde connu. Il déposa les reliques à Kilrymond en Ecosse. En 832 une armée picto-scote conduite par le Haut-Roi Angus Mc Fergus et le roi du Dalriada Eochaidh, en Lothie se trouva cernée par une armée d'Angles supérieure en nombre, rangée derrière le chef de guerre Athelstan. Récemment christianisé Angus se mit à prier au regard de sa situation difficile. Il aperçut dans le ciel des nuages blancs formant une croix. Angus promit que s'il sortait vainqueur de cette bataille, il ferait de Saint André le Saint Patron de l'Ecosse. Les Pictes et les Scots furent vainqueurs et le sautoir blanc sur fond bleu devint le drapeau de l'Ecosse.Etendard Royal d'Ecosse : d'or au lion de gueules, au trescheur du même. Le Lion Rampant est le drapeau historique des rois d'Ecosse avant 1603. Le Lion Rampant est normalement réservé au souverain écossais, il est la propriété de la reine et son utilisation non autorisée est illégale . Seules quelques personnes sont habilitées à s’en servir, comme le premier ministre d'Ecosse ou le Lord Lyon par exemple. En 1934, le roi George V permit l’usage du Lion Rampant comme preuve de loyauté. On autorise actuellement de façon assez large sont utilisation, car il symbolise à côté du Sautoir, l'Ecosse et la fidèlité des Ecossais à leur souverain.


Mais depuis quelques temps, deux provinces espagnoles revendiquent leur origine celtique.Le drapeau asturien représente, sur fond bleu, la croix de la Victoire, jaune, croisée, légèrement pattée et à branches inégales. Il tire son origine de la bataille de Cuadonga (en 722) lorsque l'armée asturienne triompha sur les musulmans. La croix portée par Pelayo (ou Pélage le Conquérant), premier roi des Asturies, fut élevée vers le ciel en signe de victoire. Au IXe siècle, le roi Alphonse III des Asturies adopta ce drapeau comme symbole de son royaume en y ajoutant les lettres grecques alpha (en majuscule) et oméga (en minuscule) en référence à l'éternité du Christ, qui est le commencement et la fin

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08/02/2016
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Le drapeau breton

 



Origines du drapeau breton



Le kroaz-du
Le kroaz-du, la croix noire, est peut être le plus ancien drapeau breton. 

De nombreux drapeaux arborant une croix datent du XIIe siècle. Au départ de la troisième croisade, en 1188, on attribua ainsi la croix rouge aux Français, la croix blanche (sur fond rouge) aux Anglais, et la croix jaune aux Flamands. Même si aucun texte de l'époque ne fait mention de la croix noire des Bretons, on peut estimer que ce drapeau date de cette époque. 

On retrouve aussi ces croix sur le drapeau des ports d'embarquements: le drapeau marseillais porte ainsi une croix d'azur. 

 
kroaz du
 
L'origine de l'hermine
Les blasons étaient à l'origine des écus: des boucliers qui permettaient de protéger le guerrier. C'est à l'époque des Croisades que l'on s'est mis à les peindre ou bien à les recouvrir de fourrures. Les animaux dont on se servait pour orner ces écus étaient principalement l'hermine et l'écureuil (vair). 

L'hermine est un animal proche de la belette. Les romains classaient toutes ces charmantes petites bêtes, comme la marmotte, dans la catégorie des rats ! Cet animal portait alors le nom latin de mus armenia : le rat (ou la souris) d'Arménie. L'origine de l'hermine est donc arménienne! En ancien français, ermin désignait aussi bien l'arménien que l'hermine

 
hermine
fourrure d'hermine
 
hermine 
moucheture
d'hermine
an erminig



Le pelage de l'hermine est brun-roux l'été et devient blanc l'hiver (dans les régions froides) : seul le bout de la queue reste noir. On cousait les peaux côte à côte et on plaçait au milieu de chacune la queue fixée par trois barrettes disposées en croix. 

Puis on s'est mis à représenter les décorations des écus : l'hermine ne désignait plus seulement la fourrure mais aussi cette représentation formée du bout de la queue (appelée plus précisément la moucheture d'hermine) et des trois barettes. 

L'hermine ainsi stylisée devient alors un emblème d'héraldique que l'on retrouve dans les armes de plusieurs familles de la noblesse féodale. 

 
hermine
l'hermine (animal)
sur le blason de Vannes
hermine
 
L'hermine-plain
Dans le régime féodal, l'aîné héritait du blason paternel. Mais les autres enfants devaient briser les armes: ils ajoutaient une brisure (un signe distinctif). Ainsi, les Dreux avaient pour blason un échiqueté avec une bordure. Pierre Mauclerc, le cadet, a brisé le blason avec l'hermine. Il devait commencer à porter ces armoiries vers 1209. 

Et c'est à son cousin, Pierre Mauclerc de Dreux, que le roi de France donne le trône ducal de Bretagne. Il emporte alors avec lui son blason. L'emblème de la Bretagne est donc d'origine drouaise ! 

 
blason
blason de 
Pierre Mauclerc
 
En 1316, le duc de Bretagne, Jean III, change d'armoirie : il retire l'échiqueté et la bordure. La brisure d'hermine devient les pleines armes du duc de Bretagne. 
 
drapeau breton
 
L'hermine est au duc de Bretagne ce que la fleur de lis est au roi de France. En breton, on écrit : an erminig (litt. la petite hermine : la terminaison -ig est un diminutif, de ermin). Au Moyen Âge, le lis et l'hermine sont des symboles de pureté : le lis parce qu'il est associé à la Vierge, et l'hermine pour la blancheur de sa fourrure. Lui est associée cette devise latine : 

Potius mori quam foedari
Plutôt la mort que la souillure 
Kentoc'h mervel eget bezañ saotret
 
armoiries bretagne
Armes de Louis XII et Anne de Bretagne

 

 
La duchesse Anne de Bretagne épouse le roi de France Charles VIII ; veuve, elle se remarie avec son successeur Louis XII dont elle a une fille, Claude de France, qui épousera François Ier. 
 
blason Rennes 
blason de Rennes
XVIIe



Le Gwenn-ha-du
Ce drapeau a été dessiné au début du XXe siècle, en s'inspirant du blason de Rennes et de la bannière étoilée des États-Unis. Les américains ont le stars and stripes, les bretons, le gwenn ha du : littéralement blanc et noir. C'est la bannière herminée ! Les bandes (stripes) du drapeau américain représentaient les 13 états unis à l'origine, de même les bandes du drapeau breton représentent les 9 anciens évêchés : 
- les 4 bandes blanches pour la Bretagne bretonnante ou Breizh
- les 5 bandes noires pour la Bretagne gallaise ou Bertaèyn

En gallo, le drapeau breton porte le nom de Blanc e Neirr

Les hermines constituent l'héritage du duché de Bretagne. Cependant, le nombre d'hermines (11) n'a pas de signification particulière : mais on peut lui en trouver... Par exemple, les saints de Bretagne : il y a déjà les 7 saints du Tro Breizh... il en reste 4 à trouver...

 
Gwenn ha Du
 
L'Ordre de l'hermine
Après les blasons, apparaissent les ordres. Ce sont d'abord les ordres liés aux Croisades : l'Ordre de saint Jean de Jérusalem (devenu l'Ordre de Malte) ou bien l'Ordre des templiers. Les souverains régnants on voulu faire de même pour récompenser leurs fidèles : ainsi naissent l'Ordre de la Jarretière en Angleterre, l'Ordre de l'étoile en France, l'Ordre du collier en Savoie. Le duc de Bretagne Jean IV a créé l'Ordre de l'hermine, en 1381. Il construit l'abbaye de saint Michel des Champs, près d'Auray, lieu de la bataille qu'il a remportée et l'a consacrée duc. Chaque année les chevaliers de l'ordre de l'hermine se rencontraient dans cette abbaye. 

La devise de l'Ordre de l'hermine était : À ma vie !

Elle était écrite en français comme la devise de l'ordre anglais de la Jarretière (et n'oublions pas que l'on n'a jamais vraiment parlé breton à Rennes ou à Nantes !)

 
Symboles de Bretagne et du Québec
La Révolution française a remplacé le lis et la Vierge par le bonnet phrygien et Marianne. Cependant le lis est toujours présent sur les blasons de certaines villes de France, à commencer par Paris et Lyon. En Amérique, la fleur de lis est l'emblème de la belle province du Québec. L'hermine est à la Bretagne ce que la fleur de lis est au Québec ! C'est l'emblème de la langue bretonne, l'ame celte de la Bretagne. 
 
Le drapeau de Guérande est très proche du drapeau québécois :


 
Le drapeau cornique
Les Cornouailles (de Grande-Bretagne) ont une croix blanche sur leur drapeau noir. Son origine est certainement contemporaine de celle du gwen-ha-du. Les couleurs sont les mêmes, pour deux langues, le breton et le cornique très proches l'une de l'autre.

 
 

16/09/2015
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Belle-île en mer

Histoire de Belle-île

 
 
 

Une histoire riche

La présence de l’homme est attestée sur l’île à partir d’au moins 30 000 ans avant J.C., et sans discontinuer depuis le Paléolithique. L’âge de bronze est marqué par la construction de tumuli et tombelles, nombreux dans certaines landes de Belle-Ile. L’âge de fer est encore visible dans le paysage littoral, avec les retranchements en éperons barrés.

 

Les Vénètes, tribu gauloise du sud de la Bretagne actuelle, qui occupaient l’île alors appelée Vindilis, furent défaits par les armées de César. L’occupation romaine de l’Armorique laisse cependant peu de traces à Belle-Ile.L’arrivée des Bretons d’Outre-Manche à partir du Véme siècle après J.C. marque définitivement la toponymie de l’île. Leur installation est attestée par le nouveau nom donné à l’île : Guedel.

 

Belle Île, cible de nombreuses attaques

Bangor répond au monastère du même nom au Pays de Galles et plusieurs villages reprennent le nom de Saints celtiques. Les moines de Redon investissent Belle-Ile à partir de l’an 1000 et en organisent la colonisation. Le paysage insulaire, avec ses villages et ses champs ouverts se met en place dès cette époque : c’est celui que l’on peut encore observer en grande partie aujourd’hui. Citadelle Vauban © Bathilde Chaboche / Office de Tourisme de Belle Ile en MerRavagée souvent au Moyen-âge par les pirates qui trouvent une population sans défense, Belle-Ile est, au cours de nombreux conflits, un lieu de prédilection pour les marines étrangères. Les propriétaires successifs de l’île, pour conserver leur bien, sont obligés de mettre en place un système de défense contre les attaques et les débarquements.

 

Au XIVéme siècle, l’abbaye bénédictine de Quimperlé, qui est propriétaire de Belle-Ile depuis 1029, édifie un premier fort contre les invasions de pirates. Mais il est peu dissuasif puisque les incursions se poursuivent aux XVéme et XVIéme siècles.

 

En 1572, le Roi Henri II veut renforcer ces défenses : il contraint les moines à échanger l’île contre d’autres terres du continent, au profit d’Albert de Gondi qu’il charge de construire un nouveau fort. L’île est érigée en marquisat et les Gondi, pendant près d’un siècle, développent l’agriculture, la pêche et le commerce de l’île.

 

En 1658, sur l’invitation de Louis XIV, le surintendant des Finances, Nicolas Fouquet, fait l’acquisition du marquisat. Moins de trois ans plus tard, le roi le fait emprisonner et devient à son tour propriétaire de l’île après un échange de terres avec la famille du surintendant. Louis XIV fait appel à Vauban pour fortifier l’île et en confie la gestion aux Etats de Bretagne. Après une courte occupation de l’île par les Anglais (1761 – 1763) les terres de l’île sont partagées entre tous les habitants auxquels se sont joints en 1765 quelques centaines d’Acadiens, libérés des prisons anglaises.

 

Le tourisme, principale ressource de l'île aujourd'hui

De la Révolution à la fin du XIXéme siècle, l’île s’enrichit par le développement de l’agriculture (sous l’exemple de la famille Trochu), de la pêche (avec la multiplication des conserveries de poissons), de la construction navale (grâce aux ateliers qui s’installent au fond du port du Palais). Toutes ces activités périclitent dans le courant du XXéme siècle et, aujourd’hui, le tourisme est la principale ressource de l’île, s’appuyant sur ses sites exceptionnels et sur un patrimoine remarquable, principalement militaire.

 

Ouvrages

Belle-Île-en-Mer, histoire d'une île

Par Louis-Charles GARANS - Editions Palantines - 1999

 

A l'usage des Bellilois ou des visiteurs d'un jour, un livre sur l'histoire générale de Belle-Île-en-Mer, pour découvrir les mille raisons qui en font une île unique, séduisante et sauvage, finalement humaine dans son histoire, car tragique et heureuse, humble et orgueilleuse.

 


10/04/2015
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La cornemuse écossaise en Bretagne

L'ORIGINE DE LA CORNEMUSE ECOSSAISE EN BRETAGNE

Dans les temps anciens : Il convient de mentionner l'existence de deux anciennes cornemuses attestées depuis le haut moyen-age : le Biniou (ou Biniou kozh) en basse Bretagne, et la Veuze en Bretagne sud, ainsi que d'un curieux instrument à anche : la Bombarde.

Les premières cornemuses écossaises en Bretagne : En 1895, Charles Le Goffic serait le premier à avoir ramené d'Ecosse le " great highland bag pipe". On note aussi que « les chantres du Trégor offrirent une «bagpipe d’Ecosse », un instrument plus grand que le biniou, à un certain Guillerm de Belle-isle-en-terre » (revue Breizh n°260 août 1982). En 1930, on ne recense encore que 5 cornemuses écossaises en Bretagne. En 1932, H. Le Menn, D. le Voyer et R. Audic fondent à Paris la Kenvreuriez ar Viniouerien ou K.A.V. qui en 1937 comprend 4 bagpipes, 2 biniou, 3 bombardes et 1 tambour (source : musique bretonne, histoire des sonneurs de tradition, collection Ar Men / Le Chasse-marée). En 1940, des militaires écossais séjournent en Loire-Atlantique, et en particulier à Saint-Nazaire et au « camp anglais de la Maillardais sur la commune du Gâvre ». En 1942, la K.A.V.publie une plaquette d’airs pour biniou et bombarde : la notation musicale correspond exactement à la notation écossaise en vigueur actuellement. La "BAS", assemblée des sonneurs de cornemuses bretons est fondée en 1943. Ses membres, invités à sonner au congrès des Forces Françaises Libres en 1947, y côtoient le Glasgow City Police Pipe Band.

L’essor des bagadou : 1946 voit la création de la première « clique de biniou » au 71ème BI stationné à Dinan : cette formation comporte 5 cornemuses, 5 bombardes et 5 tambours et est intégrée à la musique du bataillon (source : courrier de Emile Allain dans la revue Ar Men n° 112, mai 2000). Ces formations de musique associant 3 pupitres (cornemuse écossaise, bombarde, batterie) vont se multiplier grâce aux efforts de la B.A.S. : le premier bagad civil, la kevrenn SNCF Karaez dans le Finistère date de 1948 et dès 1950 existent 70 bagadou qui regroupent plus de mille sonneurs de cornemuse et bombarde. A Nantes, le cercle celtique qui date de 1926 va entretenir des échanges avec le groupe écossais de Kiskcaldy à partir de 1976. Il organisera pendant de nombreuses années la quinzaine celtique de Nantes, avec la participation de groupes écossais tels le « Red Hackle Whiskey pipes and Drums » le 17 juin 1978.

Les premiers « Pipe bands » : Vers 1965 apparaissent les premiers véritables pipe bands en Bretagne : Le Gaelic Club pipe band à Nantes par Jean-françois Allain et An Ere à Rennes sous l'impulsion de Jakez Pincet. Le Gaelic Club est une section de la Kevrenn de Nantes qui regroupe à cette époque la fédération des sonneurs du pays nantais, le bagad de la ville de Nantes et le bagad du pays de Retz. Le Gaelic Club a été dissous en 1988 et s’est transformé en 1991 en « Nantes Gaelic Club », association dont le président d’honneur est Emile Allain. De son côté, An Ere va vite réunir 8 sonneurs de cornemuse Ecossaise et 6 batteurs (dont notre actuel Drum Major) et va faire connaître la musique Ecossaise en Bretagne pendant plus de 20 ans. Ce groupe participera à des concours tous les 2 ans en Ecosse et même au Canada. An Ere a cessé ses activités en 1989. Askol ha Brug reste donc le plus ancien Pipe Band Français en activité. Le pipe band de Genève est fondé à la même époque (1976). Plus tard, de nouveaux pipe bands se sont créés dans différentes villes françaises : Paris (Paris & District PB), Saint Brieuc (Sant Briec PB), Caen (Bright Normandy PB), Amiens (Val de Somme PB et Somme Battlefield PB), Rouen (Normandy Higlanders).


 

La veuze, ancienne cornemuse du sud Bretagne Dans la revue Ar Soner N°5 et n°6 d’octobre 49, M. Pollig Montjarret a écrit que « d’après les instruments retrouvés en Brière et d’après des dessins du XVème siècle, le biniou d’autrefois était à peu près semblable à la cornemuse d’Ecosse ». De même, dans la revue Breizh d’août 82, M. Jakez Pincet écrit que « Dans le pays nantais et surtout dans la presqu’île guérandaise, une cornemuse y était pratiquée avec un levriad aussi long qu’une bombarde et avec un seul bourdon ». M. Emile Allain ajoute que « nous avions depuis toujours un instrument pratiquement identique, quant à la hauteur du son, à la cornemuse écossaise ».

Origine des concours : « Il y a encore 2 siècles, tout Ecossais des Highlands surpris portant un kilt ou jouant de la cornemuse pouvait être immédiatement pendu haut et court. C’est pour mettre un terme à cette loi atroce que la highland Society of London organisa en 1781 à Falkirk un concours de piobaireachd que les anglais n’osèrent pas empêcher. 13 sonneurs osèrent y prendre part. c’est Patrick Mac Gregor qui remporta ce premier prix. Des concours de cornemuse furent organisés par la suite à Edimbourg » revue Breizh août 1981. Maintenant, il existe des concours dans de nombreuses villes en Ecosse (dont le worldwide championship en août), mais aussi dans beaucoup de pays. Les règles sont codifiées par la RSPBA et évoluent régulièrement.

Pour plus de renseignements sur la musique bretonne, vous ouvez lire l'excellent ouvrage "Musique Bretonne" Histoire des sonneurs de tradition - édition le chasse-marée / ArMen 1996 (512 pages !). En ce qui concerne la veuze, l'opuscule "Sonneurs de veuze" édité en 1979 aux imprimeries  M. HALLIER (Nantes) fait référence.


02/04/2015
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